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Sénégal: Plan pour le mariage d’une jeune fille annulé

Published Date: 
Tuesday, December 16, 2014
Source: 
GREFELS

Kadidiatou Baldé, une jeune fille de 14 ans du village de Dinguiraye au Sénégal, était en cinquième année quand ses parents ont annoncé qu'elle devait être mariée à un homme de 24 ans en Avril de cette année.

Le mariage des enfants n’est pas rare au Sénégal. Bien que la loi stipule que les filles de moins de 16 ans ne peuvent être mariées, le président du tribunal régional peut permettre le mariageàmoins de 16 ansLe mariage précoce est un problème particulier dans les zones rurales de Vélingara - la province où le village de Kadidiatou est situé. La région souffre de la pauvreté et d’un manque d'éducation, ainsi que l'absence d'enregistrement des naissances et des mariages.

Kadidiatou été désavantagée parce que son père était mort et sa mère et ses oncles, avec qui elle a vécu, étaient pauvres. Alors, quand l'homme a demandé de l'épouser, sa famille a accepté parce que l'homme était d'une famille riche et avait prévu de migrer vers l'Europe. Comme c’est souvent le cas, la famille de Kadidiatou esperait qu'elle aurait une vie meilleure après  le mariage.

 Les négociations à Dinguiraye. Kadidiatou est représenté au milieu. Image: GREFELS

Néanmoins, Kadidiatou n’était pas du tout contente avec les plans établis pour elle. Elle était un étudiante brillante, qui souhaitait surtout poursuivre ses études. Beaucoup de filles dans sa situation auraient eu du mal à s’opposer au mariage qui avait été arrangé pour elle. Cependant, Kadidiatou a eu de la chance. Son école avait des connexions avec un groupe qui opposait le mariage des enfants à Vélingara.

Le groupe, APAM (Association Pour la Défense des Acquis, de Medicos del Mundo), est bien connu à Vélingara, et ses travailleurs sont reconnus dans la communauté par leurs T-shirts avec le logo «stop mariage des enfants». Depuis le mois d’août 2013, et le début des activités de WELDD sur le mariage des enfants, APAM (un partenaire rurale de GREFELS) a créé une alliance forte dédiée à mettre fin au mariage des enfants. L’APAM soutient un réseau dédié d'avocats et de militants engagés dans la cause. L'équipe est bien connue dans la communauté à cause de leur défilé contre le mariage des enfants lors de la Journée Internationale de la Femme - la première fois que l'occasion avait été célébré à Vélingara.

Le groupe a réussi à engager les différentes parties de la communauté locale, y compris d'autres ONG, la police, et même le préfet de Vélingara. Ils ont tous approuvé les actions pendant la Journée Internationale de la Femme. APAM a utilisé son alliance avec le Comité d'orientation sur la santé reproductive actif dans Vélingara. Ce dernier est composé de professeurs de lycée, des infirmières, des sages-femmes, et les journalistes, entre autres personnalités de la société. Cet alliance a maximisé la portée de le campagne d’APAM contre le mariage des enfants.

Lorsque Kadidiatou est allée à son maître d'école, il savait qu'il devait contacter l’APAM pour demander leur aide tout de suite. Après avoir reçu l'alerte du maître d'école, l’APAM est allé parler avec la famille de Kadidiatou. La mère de Kadidiatou a expliqué que la famille avait décidé de se marier leur fille afin de préserver l'honneur de la famille. Certains jeunes hommes avaient rendu visite à Kadidatou au cours du mois passé. La famille s’est inquiétée que cela pourrait nuire à sa réputation, ou qu'elle allait devenir enceinte.

Les représentants d'APAM, toutefois, ont rappelé sa mère, ses oncles et sa grand-mère qu'il était illégal de se marier une fille à cet âge. Ils ont également souligné que si Kadidiatou s’était mariée à cet âge, il serait très préjudiciable à sa santé et bien-être. L'équipe a fait remarquer la brillance académique de Kadidiatou et l'importance qu'elle reste à l'école. De son côté, Kadidiatou a fait une promesse de concentrer sur ses études et de ne pas passer trop de temps avec les garçons. Après des heures de négociation, la famille a accepté d'annuler les plans de mariage et de laisser Kadidiatou poursuivre son éducation.

Issue: 
Violence à l’égard des femmes culturellement justifiée